EURL
Quelles différences entre EURL et SARL ?

Quelles différences entre EURL et SARL ?

Par Audrey Roy

Audrey Roy est diplômée d'un master II en droit de l'entreprise.

Publié le 3/17/2026 - Mis à jour le 3/20/2026

Le choix d’une forme juridique d’entreprise est déterminant dans la réussite d’une activité freelance. Voici un comparatif complet entre l’EURL et la SARL afin que vous puissiez faire un choix éclairé…

EURL et SARL : de quoi il retourne ?

L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée

Une EURL est une SARL constituée d’un seul associé (article L223-1 du Code du commerce).

Les principaux éléments distinctifs d’une EURL sont les suivants :

un seul associé, personne physique ou morale ;

un gérant ou plusieurs gérants - personne physique uniquement - qui peut être l’associé unique ou une personne tierce ;

pas de minimum de capital social ;

imposition sur le revenu (IR) par principe lorsque l’associé unique est une personne physique, avec une option possible pour l’impôt sur les sociétés (IS) ;

imposition sur les sociétés (IS) obligatoire lorsque l’associé unique est une personne morale.

La Société à Responsabilité Limitée

Les principaux éléments distinctifs de la SARL sont les suivants :

société commerciale constituée de plusieurs associés (maximum 100 associés), personnes physiques ou personnes morales (article L223-3 du Code du commerce) ;

pas de capital social minimum ;

un ou plusieurs gérants - obligatoirement personnes physiques - associés ou non de la SARL ;

décisions importantes sur la vie de la SARL prises par l’assemblée générale d’associés ;

imposition par principe à l’IS, avec une option pour l’IR sous conditions.

SARL et EURL : points communs et différences

Les aspects juridiques : associés, parts et prise de décisions

Bien que l’EURL soit la forme unipersonnelle de la SARL, des distinctions sont à considérer concernant le volet juridique.

CritèreEURLSARL
Associés1 associé2 à 100 associés
Direction1 ou plusieurs gérants1 ou plusieurs gérants
Parts socialesParts en fonction de l’apport au capital socialParts en fonction de l’apport au capital social
Cession des partsLibre cession par l’associé uniqueCession libre par principe à un membre de la famille ou à un associé, mais soumise à l’agrément des associés en cas de cession à un tiers
  • article L 223-14 du Code de Commerce
Décisions importantesAssocié unique seul décisionnairePrise de décision impactante soumise à l’approbation de l’assemblée générale
  • article L 223-27 du Code de commerce
StatutsRédaction et dépôt obligatoire (modèle EURL possible)Rédaction et dépôt obligatoire
Nomination du gérantPar l’associé uniquePar les associés
Modification des statutsPar l’associé uniqueSoumise au vote et approbation des associés lors d’une AGE
Responsabilité financièreLimitée aux apports, sauf faute de gestionLimitée aux apports, sauf faute de gestion
Approbation des comptesPar l’associé uniquePar les associés lors d’une AGO

Régime social : quelle protection pour l’associé et le gérant ?

Statut du gérantEURLSARL
Gérant associé unique / majoritaireSi le gérant est l’associé unique (TNS) : affiliation à la protection sociale des indépendants (SSI)Gérant associé majoritaire (détient >50 % des parts) : affiliation au régime SSI en tant que TNS, protection sociale moins étendue (pas d’assurance chômage)
Gérant tiers / minoritaire / égalitaireSi le gérant est une personne tierce rémunérée par l’associé unique (salarié) : affiliation au régime des assimilés salariés, même protection qu’un salariéGérant associé minoritaire (<50 % parts) ou égalitaire (50 % parts) : affiliation au régime général (assimilé salarié), possible cumul contrat de travail et assurance chômage pour gérant minoritaire
Gérant non associé rémunéréGérant non associé et rémunéré : affiliation au régime général en tant qu’assimilé salarié

Bon à savoir

Un gérant non associé d’une EURL ou d’une SARL qui n’est pas rémunéré pour cette fonction ne bénéficie d’aucune couverture sociale à ce titre. Le statut d’assimilé salarié quant à lui permet de bénéficier d’une protection sociale plus avantageuse par rapport au statut de travailleur non-salariés (TNS).

Zoom sur le régime fiscal : impôt sur le revenu ou sur les sociétés ?

Les différences

Le régime fiscal applicable à une EURL ou à une SARL dépend notamment du statut des associés (personne physique ou morale) ainsi que du choix des associés concernant le régime d’imposition.

Régime fiscalEURLSARL
Imposition par défautSi l’associé unique est une personne physique : IRPar principe : IS
Option fiscaleSi l’associé unique est une personne physique : option possible pour ISOption possible pour IR
  • 5 premières années
  • SARL de famille
Cas particulierSi l’associé unique est une personne morale : IS obligatoire

Lorsqu’un choix est admis entre l’IR et l’IS, le principal critère de sélection concerne le taux d’imposition. Avec application de l’IR, les bénéfices de l’EURL et de la SARL sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option n’est pas la plus avantageuse lorsque le montant des bénéfices est élevé.

L’IS présente l’avantage d’appliquer un taux fixe de 25 % pour toutes les entreprises (article 219 du Code général des impôts).

Ce régime d’imposition prévoit également un taux réduit à 15 % sur la part des bénéfices n’excédant pas les 42 500 € lorsque :

le chiffre d’affaires annuel hors taxe de l’entreprise ne dépasse pas les 10 millions d’euros ;

au minimum 75 % du capital social est détenu par des personnes physiques.

En outre, une SARL de famille (société à responsabilité limitée réservée aux associés d’une même famille) permet d'opter pour l’impôt sur le revenu (IR) au lieu de l’IS. Contrairement à la SARL classique, cette option est possible sans limitation de durée. Les bénéfices sont alors imposés directement entre les mains des associés. Ce régime est souvent intéressant au démarrage de l'activité ou en cas de faibles résultats.

À noter

Lorsqu’une EURL soumise à l’IR se transforme en SARL, le régime d’imposition de l’IS s’applique sauf en cas d’option pour l’IR durant les 5 premières années de la SARL ou lorsqu’il s’agit d’une SARL de famille. Si l’EURL était déjà soumise à l’IS, aucun changement de régime fiscal n’est appliqué. Inversement, lorsqu’une SARL passe en EURL, l’IS continue de s’appliquer lorsque l’associé unique est une personne morale. Lorsque l’associé unique est une personne physique, les bénéfices de l’EURL seront soumis à l’IR sans demande spécifique de l’application de l’IS.

Quel type d’imposition privilégier en fonction de sa situation ?

La réponse à cette question dépend de plusieurs facteurs, dont celui de la situation financière de l’entreprise.

Que ce soit pour une EURL ou une SARL :

si l’entreprise présente un déficit, l’impôt sur le revenu permet une imputation du déficit sur le revenu global de l’associé unique (EURL) ou des associés (SARL) avec un report possible sur les 6 années d’imposition suivantes en cas d’excédent (ex. : un déficit plus important que les revenus imposables de l’associé au titre de l’IR) ;

si l’entreprise présente un déficit, l’impôt sur les sociétés (IS) permet de choisir entre un report en avant (report du déficit sur le prochain exercice comptable afin de faire baisser l’impôt l’année suivante) ou un report en arrière (report du déficit sur l’exercice comptable de l’année précédente, afin d’obtenir une créance d’impôt de la part de l’administration fiscale) ;

si l’entreprise génère des bénéfices, l’IR implique une imposition avec un barème progressif tandis que l’IS permet l’application d’un taux fixe d’imposition.

Pour les entreprises susceptibles de présenter d’importantes variations dans leur situation financière, l’IS offre une plus grande flexibilité dans les reports de déficits et permet une imposition plafonnée à 25 % des bénéfices.

Choisir entre EURL et SARL : les principaux points clés à retenir

Tableau comparatif des avantages et inconvénients

Type de sociétéEURLSARL
Avantages
  • Absence de capital social minimum
  • Création par un seul associé
  • Prise de décision simplifiée
  • Responsabilité limitée aux apports
  • Cession de parts facilitée avec accord de l’associé unique
  • Possibilité de basculer vers une SARL sans créer une nouvelle entreprise
  • Absence de capital social minimum
  • Responsabilité limitée aux apports
  • Cadre légal sécurisant avec clause d’agrément
  • Statut de conjoint collaborateur avec protection sociale
  • Adaptée aux projets familiaux (SARL de famille)
  • Affiliation au régime général pour gérants minoritaires/égalitaires et non associés
Inconvénients
  • Encadrement juridique plus strict qu’une micro-entreprise
  • Affiliation obligatoire à la SSI pour l’associé unique, protection moins étendue
  • Maximum 100 associés
  • Prise de décision plus complexe à plusieurs
  • Gérant majoritaire affilié à la SSI avec protection moins avantageuse

La check-list pour faire son choix

Vous êtes seul à lancer l’activité ? → OUI = Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée

Vous prévoyez de vous associer rapidement ? → OUI = SARL

Vous cherchez à optimiser vos charges sociales (charges sociales moins élevées sous statut travailleur non salarié - TNS) ? → OUI = EURL/SARL

Vous voulez une structure simple à gérer au quotidien ? → OUI = EURL

Vous montez un projet familial (ex : restaurant en couple) ? → OUI = SARL (voire SARL de famille)

Ainsi, un entrepreneur solo qui veut minimiser ses cotisations sociales en début d'activité choisira souvent l’EURL.

Un couple ou une famille qui gèrent ensemble un restaurant ou un commerce privilégiera dans la plupart des cas la SARL, afin de s'associer et mettre en commun un capital. En soi, tout projet amené à accueillir plusieurs associés dès le départ s’oriente généralement vers la SARL.

Cette grille donne une première orientation, mais le choix définitif dépend de votre situation (revenus, fiscalité, protection sociale…). Il est ainsi vivement conseillé de valider votre projet avec un expert-comptable ou un avocat en droit des affaires pour une décision éclairée.

FAQ

Comment transformer une EURL en SARL ?

Pour transformer une EURL en SARL, vous devez tout d’abord faire entrer un nouvel associé par la cession de parts sociales ou l’augmentation du capital social avec la création de nouvelles parts sociales.

Vous devrez ensuite modifier les statuts puis les transmettre à l’administration via le site de l’INPI et procéder à leur publication sur un support d’annonces légales.

Quelle est la différence entre une EURL et une SARL ?

Une EURL est la forme unipersonnelle d’une SARL. En d’autres termes, une EURL est une SARL avec un seul associé, ce qui induit quelques différences dans la gestion de l’entreprise par un associé unique.

EURL/SARL ou SASU/SAS : que choisir ?

Par rapport à une EURL ou une SARL, la SAS/SASU permet d’éviter le régime de protection sociale des travailleurs non salariés (TNS), car le dirigeant est assimilé salarié avec une meilleure protection sociale et des charges sociales plus élevées.

En EURL/SARL, le gérant majoritaire est TNS, donc moins coûteux au niveau des charges sociales pour la société, mais moins couvert au niveau de la protection sociale.

Fiscalement, l’EURL est souvent à l’impôt sur le revenu (IR) par défaut (si associé personne physique) alors que la SAS/SASU est à l’impôt sur les sociétés (IS). La SARL de famille se distingue en permettant l’IR sans limite de durée, contrairement aux autres sociétés. Le choix dépend surtout du niveau de protection sociale recherché et de l’optimisation fiscale souhaitée.

Le gérant d'une EURL peut-il être salarié ?

Dans une EURL, le gérant associé unique ne peut pas être salarié. Il relève obligatoirement du régime des travailleurs non salariés (TNS). Il n’existe pas de contrat de travail possible, car il ne peut pas avoir de lien de subordination avec lui-même. En revanche, un gérant non associé (cas rare en EURL) peut être salarié s’il remplit les conditions classiques (lien de subordination, rémunération…).

Quel est l'impact des dividendes sur les cotisations sociales ?

Dans une EURL ou une SARL, les dividendes du gérant majoritaire sont soumis aux cotisations sociales TNS pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants. En dessous de ce seuil, ils ne supportent que les prélèvements sociaux et la fiscalité classique.

À l’inverse, en Société par actions simplifiée (SAS/SASU), les dividendes ne sont jamais soumis aux cotisations sociales, seulement aux prélèvements sociaux et à l’impôt. Cela rend souvent la SAS/SASU plus attractive pour une stratégie de rémunération en dividendes.

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